La question ne se pose plus de la même façon qu’il y a cinq ans. La batterie a cessé d’être une curiosité pour devenir le choix par défaut sur une partie du parc, et elle reste hors jeu sur une autre.
Le partage ne se fait pas par machine. Il se fait par usage : durée d’utilisation continue, puissance demandée.
Là où la batterie s’impose
Tonte, taille de haie et soufflage sur des chantiers moyens, en particulier en zone sensible.
Trois arguments s’additionnent. Le bruit, qui conditionne l’accès à certains sites et certains horaires. L’absence d’émissions locales, qui compte en centre-ville et sous serre. Et l’entretien, qui tombe presque à zéro : ni bougie, ni filtre à air, ni carburateur encrassé au redémarrage de mars.
La batterie s'impose sur la tonte, la taille et le soufflage en chantiers moyens et zones sensibles.
Le thermique reste préférable sur les usages longs et les fortes puissances.
Le calcul se fait toujours batteries de rechange comprises, jamais sur le prix de la machine seule.
Le confort d’usage compte aussi, et il pèse sur la fidélisation des équipes. Une journée de taille de haie sans vibration ni gaz d’échappement fatigue moins qu’une journée en thermique.
Là où le thermique tient
Les usages longs et non interrompus, et les fortes puissances : débroussailleuse lourde, broyeur, abattage.
La limite est l’autonomie, qui dépend directement de la capacité embarquée. Une équipe qui débroussaille un talus toute la journée consomme plus de batteries qu’elle n’en recharge, et la recharge prend du temps que le planning n’a pas.
Le comparatif qui compare des prix de machines nues. Une machine à batterie s'achète avec ses batteries et son chargeur, et il en faut plusieurs par machine pour tenir une journée. Un comparatif qui aligne le prix d'une tondeuse thermique et celui d'une tondeuse batterie sans compter deux ou trois accumulateurs de rechange fausse la conclusion du simple au double.
Le calcul sur la durée de vie
Trois postes, à projeter sur la durée d’amortissement de la machine.
L’acquisition. Plus élevée en batterie, batteries de rechange comprises.
L’usage. Le carburant disparaît, remplacé par l’électricité, dont le coût est sans commune mesure. L’entretien courant s’effondre.
Le renouvellement. C’est le point que le calcul oublie : une batterie a une durée de vie propre, comptée en cycles, inférieure à celle de la machine. Le budget de renouvellement doit l’inclure.
Sur des machines qui tournent quotidiennement, le surcoût d’acquisition se rattrape sur les postes d’usage. Sur une machine utilisée quinze jours par an, il ne se rattrape jamais, et la question est plutôt celle de la location.
Ce que ça change sur un marché public
La démarche environnementale pèse dans la note technique des marchés d’espaces verts, et le matériel à faibles émissions y figure explicitement.
Une entreprise qui a basculé une partie de son parc peut le documenter dans son mémoire technique, avec les machines affectées au marché. Sur un site en centre-ville ou à proximité d’un établissement scolaire, l’argument du bruit devient décisif.
Le sujet croise aussi celui des restrictions d’accès : certaines collectivités imposent des plages horaires ou des seuils sonores que le thermique ne permet pas de tenir.
L’arbitrage pratique
Basculer machine par machine. Commencer par celles qui tournent en zone sensible et par courtes séquences, garder le thermique sur le débroussaillage lourd et le broyage.
Un parc mixte n’est pas une transition inachevée. C’est, aujourd’hui, la configuration qui correspond à la réalité des chantiers, et le dimensionnement du parc se raisonne poste par poste.