La convention collective nationale des entreprises du paysage porte l’IDCC 7018 et la brochure 3617. Elle s’applique dès le premier salarié, sans formalité d’adhésion et sans possibilité d’y échapper : c’est l’activité réelle de l’entreprise qui détermine son rattachement, pas le code APE inscrit au registre.
Employer un ouvrier paysagiste suffit. Le texte s’applique alors, même à titre secondaire, même à temps partiel.
Trois catégories, et une grille par catégorie
La classification distingue trois familles d’emplois, chacune découpée en positions.
| Catégorie | Positions | Emplois typiques |
|---|---|---|
| Ouvriers et employés | O.1 à O.6 | ouvrier paysagiste, ouvrier qualifié, chef d’équipe |
| Techniciens et agents de maîtrise | TAM | conducteur de travaux, responsable d’atelier |
| Cadres | C.1 à C.5 | directeur d’exploitation, responsable d’agence |
Le coefficient attribué à un salarié n’est pas une décision libre de l’employeur. Il découle des tâches réellement confiées, de l’autonomie exercée et de la responsabilité tenue. Un ouvrier qui conduit une équipe et arbitre l’organisation du chantier occupe une position d’encadrement, quel que soit l’intitulé porté sur son contrat.
C’est le premier motif de désaccord entre employeurs et salariés dans le secteur, et il se règle sur la description des fonctions, pas sur l’ancienneté.
Ce que valent les minima aujourd’hui
La grille en vigueur découle de l’avenant n° 46 du 17 septembre 2025, applicable au 1er janvier 2026.
Le SMIC au 1er juin 2026 s'établit à 12,31 € brut de l'heure, soit 1 867,02 € pour 151,67 heures mensuelles. Le sommet de la grille, en position C.5, atteint environ 4 043 € brut.
Un point mérite d’être dit clairement : depuis la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026, les premières positions de la grille sont rattrapées. Un salarié classé en O.1, O.2 ou O.3 perçoit le SMIC, parce que le minimum légal dépasse le minimum conventionnel.
Cette situation n’annule pas la classification. Il continue de commander les congés d’ancienneté, la prévoyance, le préavis et les évolutions à venir. Un employeur qui classerait tout le monde en bas de grille « puisque c’est le même salaire » se prépare un contentieux, et le détail de la grille position par position montre où passent les vraies différences.
Les indemnités de déplacement pèsent plus qu’on ne croit
Le paysage travaille par définition hors de ses murs. La convention organise l’indemnisation des déplacements par zones concentriques autour du siège ou du dépôt, et distingue le panier du trajet.
Ces lignes ne sont pas accessoires. Sur une équipe qui roule tous les jours, elles pèsent une part appréciable du coût employeur, et elles suivent un régime social propre. Les traiter comme des remboursements de frais sans vérifier les plafonds expose à un redressement.
Le détail des paniers, trajets et petits déplacements mérite un examen séparé, parce que c’est là que se logent la plupart des erreurs de paie du secteur.
Ce que la convention règle encore
L'application découle de l'activité réelle, pas du code APE.
Le coefficient dépend des tâches confiées et de l'autonomie, pas de l'ancienneté.
Les positions basses de la grille sont rattrapées par le SMIC depuis le 1er juin 2026.
Le texte fixe aussi la durée du travail et les conditions de la modulation, qui permet d’absorber la pointe de printemps sans heures supplémentaires permanentes. Il organise les contrats saisonniers, encadre le régime des intempéries, définit les durées de préavis par catégorie et par ancienneté, et porte le régime de prévoyance de la branche.
Il se complète chaque année par avenant. Une grille imprimée l’an dernier et punaisée dans l’atelier ne vaut plus rien : la première chose à vérifier sur un document de salaire, c’est sa date d’entrée en vigueur.